Perdre du poids : est-ce uniquelent une question de volonté ?
« Je sais ce qu'il faudrait faire… mais je n'arrive pas à m'y tenir. Je dois manquer de volonté. »
Cette phrase, beaucoup de personnes qui cherchent à perdre du poids se la sont déjà dite.
Après plusieurs tentatives, le scénario peut même devenir familier : on commence avec beaucoup de motivation, on fait attention, on se fixe des règles… puis arrivent un dîner entre amis, une semaine stressante, quelques nuits trop courtes ou cette irrésistible envie de grignoter à 18 heures.
Les anciennes habitudes reviennent.
Et avec elles, une conclusion souvent douloureuse :
« Je n'ai aucune volonté. »
Pourtant, si la volonté suffisait pour perdre du poids durablement, les régimes restrictifs auraient depuis longtemps réglé le problème.
La réalité est beaucoup plus intéressante : notre façon de manger ne dépend pas uniquement de notre capacité à résister.
Elle dépend aussi de notre corps, de notre cerveau, de nos habitudes, de nos émotions, de notre environnement… et de ce que nous comprenons de notre alimentation.
Et c'est plutôt une bonne nouvelle.
La volonté existe… mais elle ne peut pas tout faire
Bien sûr, la volonté joue un rôle dans nos décisions.
Elle peut nous aider à changer une habitude, à préparer un repas plutôt que de commander, à sortir marcher ou à faire un choix différent de celui que nous faisons habituellement.
Mais lui demander de contrôler notre alimentation en permanence est une autre histoire.
Imaginez une journée classique.
Vous vous levez après une mauvaise nuit. Vous partez travailler. Vous enchaînez les réunions. Le déjeuner est pris rapidement. À 17 heures, vous êtes fatigué, stressé et vous avez faim.
Sur la table de la salle de pause : des biscuits.
Et vous vous dites :
« Il suffit que je résiste. »
Le problème est que votre cerveau ne prend pas cette décision dans les mêmes conditions qu'à 9 heures du matin après une bonne nuit de sommeil et un petit-déjeuner rassasiant.
La faim, la fatigue, le stress, les émotions, les habitudes et la disponibilité des aliments influencent aussi notre comportement.
Ce n'est donc pas simplement un duel entre « volonté » et « gourmandise ».
Pourquoi les régimes renforcent parfois cette impression de manquer de volonté
Lorsqu'on commence un régime restrictif, on crée généralement beaucoup de règles :
« Je ne mange plus de pain. »
« Plus de dessert la semaine. »
« Je dois absolument éviter le chocolat. »
« À partir de lundi, je fais attention. »
Au début, la motivation permet parfois de suivre ces règles.
Mais plus elles sont nombreuses et rigides, plus elles demandent un contrôle permanent.
Et il suffit parfois d'un écart pour provoquer un raisonnement bien connu :
« Tant pis, j'ai craqué. Je recommencerai lundi. »
Un aliment qui aurait simplement pu être apprécié devient alors le symbole d'un échec.
C'est justement l'un des problèmes de la logique des régimes : elle peut nous apprendre à classer nos journées entre celles où nous avons été « sages » et celles où nous avons « craqué ».
Or manger n'est pas un examen que l'on réussit ou que l'on rate.
Comprendre plutôt que résister
Pour gérer son poids durablement, il est beaucoup plus intéressant de comprendre pourquoi nous mangeons comme nous mangeons que d'essayer constamment de lutter contre soi-même.
Prenons quelques exemples.
Comprendre ce qui influence la faim
Tous les repas ne produisent pas la même sensation de satiété.
La quantité consommée compte, mais la composition du repas aussi. Les protéines, les fibres, la densité énergétique ou encore la structure des aliments peuvent notamment influencer la satiété.
Comprendre cela permet de construire des repas qui nous correspondent mieux plutôt que de passer la journée à essayer de « tenir ».
Comprendre les variations de glycémie sans en faire une obsession
La glycémie correspond à la quantité de glucose présente dans le sang.
Après un repas, elle évolue naturellement. La composition du repas, sa quantité et différents facteurs individuels influencent cette réponse.
L'objectif n'est certainement pas de chercher une glycémie parfaitement plate ni de considérer les glucides comme des ennemis.
Il s'agit plutôt de comprendre que la composition de nos repas peut jouer sur notre énergie, notre faim et notre sensation de satiété.
Encore une fois : comprendre plutôt qu'interdire.
Comprendre les familles d'aliments
Protéines, glucides, lipides, fibres…
Ces termes peuvent paraître techniques, mais quelques connaissances simples permettent déjà de regarder son assiette différemment.
On ne se demande plus uniquement :
« Est-ce que cet aliment fait grossir ? »
On peut plutôt se demander :
« Qu'est-ce que cet aliment m'apporte ? Est-ce que ce repas va me rassasier ? Est-ce qu'il me fait plaisir ? Comment puis-je l'intégrer dans mon équilibre global ? »
Cette nuance change beaucoup de choses.
Et parfois, la faim n'est pas seulement dans l'assiette
Il reste cependant une dimension essentielle.
On peut connaître parfaitement les principes de la nutrition… et continuer à manger lorsque l'on est stressé, triste, fatigué ou simplement ennuyé.
Pourquoi ?
Parce que nous ne mangeons pas uniquement pour fournir de l'énergie à notre organisme.
La nourriture peut aussi réconforter, occuper, détendre, récompenser ou accompagner un moment de convivialité.
Vous pouvez donc parfaitement savoir qu'un paquet de biscuits ne répond pas à une faim physiologique et avoir malgré tout envie de le manger après une journée difficile.
Ce n'est pas nécessairement un problème de connaissances.
Et encore moins la preuve d'une absence de volonté.
La vraie question devient alors :
« Qu'est-ce qui déclenche cette envie de manger ? »
Le stress et le sommeil comptent aussi
Notre comportement alimentaire ne vit pas dans une bulle.
Une personne reposée et détendue n'a pas forcément les mêmes sensations ni les mêmes réactions qu'une personne qui dort cinq heures par nuit et traverse une période de stress intense.
Le sommeil insuffisant peut notamment modifier les mécanismes impliqués dans l'appétit et rendre certains aliments particulièrement attirants.
Le stress peut, lui aussi, modifier notre comportement alimentaire. Chez certaines personnes, il coupe l'appétit. Chez d'autres, il favorise les envies de manger ou les prises alimentaires émotionnelles.
Voilà pourquoi une approche durable du poids ne peut pas regarder uniquement le contenu de l'assiette.
Il faut regarder la personne qui se trouve devant l'assiette.
Passer de « je dois être plus fort » à « je dois mieux me comprendre »
C'est probablement le changement de perspective le plus important.
Au lieu de penser :
« Je dois avoir davantage de volonté. »
Essayez de vous demander :
« Qu'est-ce qui rend ce comportement difficile à changer ? »
Ai-je réellement faim ?
Mes repas me rassasient-ils suffisamment ?
Est-ce que je dors assez ?
Est-ce que je mange davantage lorsque je suis stressé ?
Ai-je transformé certains aliments en aliments « interdits », au point de les désirer encore davantage ?
Quelles sont les situations dans lesquelles je mange automatiquement ?
Ces questions sont souvent beaucoup plus utiles que :
« Pourquoi suis-je incapable de résister ? »
Moins de contrôle, davantage de compétences
L'objectif d'une démarche durable n'est pas de devenir la personne capable de résister à tout.
C'est progressivement de devenir la personne qui n'a plus besoin de lutter en permanence.
Parce qu'elle comprend mieux ses sensations.
Parce qu'elle sait composer un repas rassasiant.
Parce qu'elle peut manger un aliment plaisir sans penser avoir « tout gâché ».
Parce qu'elle reconnaît progressivement ses déclencheurs émotionnels.
Parce qu'elle sait qu'un restaurant, des vacances ou un anniversaire ne remettent pas en cause plusieurs mois d'habitudes.
Et parce qu'elle ne cherche plus à manger parfaitement.
Elle cherche un équilibre suffisamment souple pour durer.
Alors, faut-il de la volonté pour perdre du poids ?
Un peu, probablement. Comme pour tout changement.
Mais la volonté n'est ni l'unique moteur ni la solution à tout.
Perdre du poids durablement nécessite aussi d'apprendre à connaître son alimentation, son corps et ses comportements.
Et surtout, il ne s'agit pas de réussir à suivre des règles strictes pendant quelques semaines.
Il s'agit d'acquérir progressivement les connaissances et les réflexes qui permettront de faire des choix adaptés sans avoir l'impression d'être éternellement au régime.
C'est précisément la philosophie du Parcours CKL : comprendre avant d'interdire, travailler sur les comportements autant que sur l'assiette et construire une démarche compatible avec la vraie vie.
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